Discours du SA au CSN le 29 janvier 2019

Jeudi 7 février 2019, par Secrétaire Académique // Instances

Chers.es collègues,

La réforme des lycées est une source d’inquiétude pour tous les personnels de direction sur ses modalités d’exécution pratique et, en cette période de DHG, sur les moyens qui lui sont alloués.

Vu de Créteil, nous avons l’impression que toutes les académies ne sont pas dans la même situation ;
Chez nous, d’après nos retours, la situation n’apparait pas critique – mais nous ne sommes qu’au début de la mise en œuvre.

Comme vous tous, les dédoublements d’enseignement de spécialité ne sont pas financés en plus ; les options ne sont pas des dotations complémentaires (mais elles ne l’étaient plus à Créteil depuis longtemps).

Nous avons néanmoins une dotation exceptionnelle mais elle est source d’incertitude car sera-t-elle pérenne et à quelle hauteur ?
En somme, le minimum est assuré en rognant ici ou là et en imposant un taux élevé d’HSA en collège…

Mais chers collègues, pas de panique ! A l’impossible nul n’est tenu !

On s’interroge sur la meilleure posture à adopter face à cette réforme des lycées à marche forcée et à moyens aléatoires. Faut-il, comme le SGEN crier à l’accident industriel et pédagogique ; au risque de nous rendre responsable, nous chefs d’établissement, et nous SNPDEN de la catastrophe !

Non, rappelons que chacun doit assumer ses responsabilités ; mais rien que ses responsabilités, pas plus !
L’Etat qui doit avoir les moyens de sa politique.
Nos syndicats concurrents qui changent de posture toutes les 3 semaines
Nous-mêmes, les chefs d’établissement qui mettront en place cette réforme et organiserons la rentrée avec les moyens qui nous ont été donnés sans subordination, ni zèle et en justifiant nos choix par la pénurie et en décidant de notre calendrier.

Et si quelqu’un vient à critiquer la mise en œuvre par un collègue dans son établissement alors le SNPDEN se tiendra à ses côtés pour en répondre car là est la place de notre syndicat !
C’est dans l’accompagnement que nos collègues attentent le SNPDEN pas dans le blocage !

Sans transition, je ne voudrais pas céder au populisme ambiant et ajouter 1 colère aux 67 millions exprimés depuis plusieurs « actes ».

Coutons- nous si cher à la République ?
Je sais bien que nous ne sommes pas des tacherons mais il est quand même troublant qu’au moment où, le ministère du budget tente de nous confisquer, notre quota légitime de promotions en CAPN, les forces de l’ordre obtiennent une prime – légitime – , le gouvernement dépense sans compter sous pression des gilets jaunes, les agents de certaines Régions obtiennent une prime face au mouvement lycéen…..

Et nous ? Trois semaines sur le trottoir devant nos établissements sans aucune compensation !
Saluons d’ailleurs ici la bravoure de tous nos collègues.

Et au moment où nous pensions pouvoir utiliser ces trois semaines pour négocier de l’indiciaire ou, sans espoir, de l’indemnitaire… et bien on nous fait un coup de bonneteau ! Des promotions je t’en donne 475, je t’en reprends 22, et au dernier moment je te les rajoute à tes 453.
Bravo on a gagné ! Mais on a gagné quoi ? Ce qu’on nous avait promis…
C’est mieux que rien. Mais reconnaissons que l’écart avec le rien n’est pas si grand.

Et notre IF2R variable. Là aussi, coup de bonneteau : Je t’en prends 10-15% parce qu’on parle en brut bien sûr, et puis je te retiens à la source, aller partons sur 15%. Au final sur 2000€, tu touches net l’équivalent de 40€ par mois.
C’est mieux que rien. Mais là aussi reconnaissons que l’écart avec le rien n’est pas si grand.

Et puis, il y a les augmentations cachées que nous n’avons pas eues et qu’on oublie : vous avez ouvert un internat, vous avez une montée démographique, vous travaillez dans un établissement sous-catégorisé sans actualisation depuis la rentrée 2016 !
Travailler gratuitement, vous avez vu ça où ?

Alors coutons nous si cher à la République compte-tenu du service public que nous assurons ?
Serions-nous les dindons de la farce !
Ceci dit, au moins, quand le dindon reçoit sa farce, la farce c’est de plus !

Nous croulons sous les priorités mais nous sommes là debout à maintenir la République et ses valeurs à bout de bras, au mépris de notre sécurité pour assurer celle des autres.

La confiance c’est comme l’amour : « il n’y a pas de confiance, il n’y a que des preuves de confiance ! »

Et c’est là que nos collègues aujourd’hui attendent le SNPDEN. Ne serait-ce que parce que nous avons mis en œuvre hier la réforme des collèges et qu’aujourd’hui nous œuvrons dans un contexte difficile pour mettre en place celle des lycées.

Sébastien Volpoët
Secrétaire académique de Créteil